PROJET DE PLAN ÉCOPHYTO II+
 

Présentation du projet de Plan écophyto II+

Du 20/11/2018 au 10/12/2018 - 128 commentaires

Écophyto, qu’est-ce que c’est ?

Écophyto est Plan qui vise à réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques (communément appelés pesticides) en France en assurant la transition vers une agriculture performante sur le plan économique, environnemental, sanitaire et social..

Ce plan est une initiative lancée en 2008 à la suite du Grenelle de l’Environnement (« Écophyto 2008 ») puis révisé en 2015 (« Écophyto II »). Il répond également à une exigence européenne issue de la directive 2009/128/CE pour une utilisation des produits phytopharmaceutiques compatible avec le développement durable.

Qu’apporte concrètement le plan Ecophyto II +?

Le Plan écophyto II+ intègre les nouvelles actions engagées dans le cadre du plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides publié le 25 avril 2018 et le plan de sortie du glyphosate annoncé le 22 juin 2018, notamment :

  • accélérer le retrait des substances les plus préoccupantes ;
  • promouvoir la reconnaissance et la diffusion des produits de biocontrôle et des préparations naturelles peu préoccupantes ;
  • renforcer la prévention de l’exposition de la population (riverains, applicateurs) comme la biodiversité (pollinisateurs par exemple), notamment par le dialogue et la communication entre les différents acteurs et lorsque nécessaire les mesures de protection complémentaires ;
  • soutenir la recherche et l’innovation :
    1. poursuivre l’amélioration des connaissances sur les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques, notamment sur les faibles doses et les effets cocktail
    2. poursuivre la démonstration des performances économiques, environnementales et sociales des systèmes économes en produits phytopharmaceutiques en confortant le dispositif DEPHY ;
  • Accompagner l’ensemble des agriculteurs dans la transition
    1. inciter plus largement des groupes d’agriculteurs à s’engager dans la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en les accompagnant techniquement et financièrement via les dispositifs d’aides aux investissements, les mesures agro-environnementales et climatiques,… ;
    2. mettre en œuvre la séparation des activités de distribution, d’application et de conseil concernant les produits phytopharmaceutiques afin de renforcer la diffusion des principes de la protection intégrée des cultures ;
    3. pérenniser le dispositif des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques.
    4. accompagner la fin des principaux usages du glyphosate d’ici trois ans au plus tard et d’ici cinq ans pour l’ensemble des usages ;
  • rénover la redevance pour pollution diffuse pour la rendre plus incitative et soutenir le développement de l’agriculture biologique ;
  • Mobiliser et responsabiliser l’ensemble des acteurs, depuis les agriculteurs jusqu’à la grande distribution
  • Suivre et rendre compte des évolutions en termes d’usage notamment

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Commentaires
  •  Pour un plan Ecophyto cohérent et efficace, par Dr. Anne Vonesch , le 11 décembre 2018 à 00h42

    On ne peut qu’être globalement d’accord avec les mesures proposées(par ailleurs soutenues par FNE), visant à faire baisser l’usage des pesticides en France. Or les échecs passés s’expliquent certainement par le fait qu’il existe un lobby très fort, du côté de l’UIPP avec le ou les syndicat/s agricole/s, soutenus par des élus mal renseignés, bénéficiant d’une influence historique majeure, visant à maintenir la production et la vente des pesticides. Une prise de conscience semble avoir lieu, encouragée par les travaux scientifiques. Au vu des résistances il y a lieu de se demander où sont cachés, dans ce nouveau projet affichant la volonté de réduire la dépendance des pesticides, les éventuels grains de sable dans des rouages plutôt prometteurs.
    Je voudrais insister sur quelques risques d’inefficacité.

    C’est d’abord la crainte que l’objectif de réduction des pesticides se traduise encore (comme on le connaît) par de petites réductions (de 6, 10 ou 20 %, et dans le meilleur cas de 30 %) des quantités appliquées, tout en restant dans le cadre du « business as usual », alors que c’est la sortie des pesticides que nous voulons et dont nous avons impérativement besoin. On resterait dans l’ « utilisation durable » des pesticides c’est-à-dire dans la poursuite de la production, de la vente et de leur usage dans la durée. C’est ce que l’agro-chimie recherche : « la bonne dose au bon moment », comme elle dit si adroitement. Ce n’est pas du tout ce que nous demandons. Nous voulons un changement du système agro-alimentaire, pour le sortir du gaspillage structurel dans lequel il se trouve,par ailleurs incompatible avec les impératifs climatiques. C’est notamment le cas pour la surproduction et surconsommation extrêmes de protéines animales et autres produits laitiers. Par ailleurs ni les sucres ni les alcools ne fournissent une contribution extraordinaire à la santé publique, ceci avec une consommation de pesticides notoire. L’introduction de légumineuses dans les rotations, en particulier pour la consommation humaine, contribuera fortement à se sortir de la dépendance des pesticides. C’est une transition alimentaire qu’il faut intégrer dans Ecophyto.

    Il est en effet extrêmement inquiétant de voir que dans les Régions l’accent est toujours mis, notamment de la part des Agences de l’Eau, sur l’introduction de filières à bas niveau d’intrants au niveau des zones de protection de captages déjà pollués (afin de répondre à des obligations légales), alors que la production sur le reste des surfaces reste dans la logique du « business as usual », sans poser la question du sens ou du non-sens des productions par rapport aux besoins alimentaires et de santé publique, étant donné qu’il n’existe aucune obligation légale forte pour des secteurs pas encore pollués au-delà des normes si ce n’est les SAGE. La transition écologique avec sortie des pesticides doit porter sur tout le territoire.

    Quant à l’exposition des populations et en particulier la protection des riverains, le projet est totalement insuffisant. Il reste encore beaucoup trop d’ « évaluation des impacts » etc., alors que les dangers sont évidents et bien connus. Il faut au minimum une largeur de 100 m non traités autour des habitations et autres lieux fréquentés. La protection des riverains doit enclencher une dynamique de conversion ’bio’ qui sera bénéfique bien au-delà des ceintures non traitées. Il est incompréhensible qu’il soit possible de changer les systèmes de cultures sur des zones de captage mais qu’il ne soit pas possible de faire le même type d’efforts pour la santé des riverains et des générations futures.

    Les pesticides nécessitant un équipement de protection individuel doivent être interdits. Il est injustifiable de disperser des produits aussi toxiques dans la nature.

    Globalement, les approches restent encore trop cloisonnées. Régulièrement, les recommandations, notamment en termes de pratiques, s’adressent soit au ruissellement, soit à la dispersion/volatilisation par voie aérienne, soit aux résidus dans les aliments. Cela n’a aucun sens. La seule réponse rationnelle et globale est la sortie des pesticides.

    La sortie des pesticides doit être soutenue de manière ambitieuse à tous les niveaux de la future PAC.

  •  Un grand OUI mais des choses sont à préciser et à conforter, par BASSIN D'ARCACHON ECOLOGIE , le 10 décembre 2018 à 23h51

    Madame, Monsieur,

    • Nous approuvons avec force le rejet de l’usage du glyphosate, tout en regrettant le délai de 5 ans accordé pour ce renoncement. Quelles conséquences mortifères vont-elles découler de cette attente ?

    • La mise en œuvre d’indicateurs concrets est une nécessité.

    • Il est bon d’avoir ajouté, page 5, la dimension sanitaire aux objectifs de performance économique, environnementale et sociale. En effet, la question sanitaire est au cœur de l’enjeu de réduction des produits dits « phytopharmaceutiques ».

    • De même, il est absolument logique de lier le plan Ecophyto II au plan de santé publique et au plan biodiversité.

    • S’agissant des enjeux listés, la formulation de l’enjeu 4 est surprenante : « supprimer l’utilisation de produits phytopharmaceutiques partout où cela est possible dans les jardins, les espaces végétalisés et les infrastructures ; »
    En effet, cette suppression est possible partout. Pourquoi donc écrire : « partout ou cela est possible » ?
    De plus, il apparait nécessaire d’ajouter à « espaces végétalisés » les espaces naturels et semi-naturels. Par exemple, les forêts font depuis des décennies l’objet d’épandages de glyphosate. Ne sont-elles que des « espaces végétalisés » au même titre que les par et jardins ?
    • Comment le Plan écophyto II s’articule-t-il avec les DOCOB Natura 2000, avec les SDAGE, SAGE, gestions de sites Ramsar, etc.?

    • La mention, page 13, des « préparations naturelles peu préoccupantes ». Une telle formulation est bien trop floue et nécessite d’être précisée. Laisse-t-elle, par exemple, le champ libre aux produits à base de Bacillus thuringiensis qui font des ravages parmi l’entomofaune ?

    • Page 13, il est également dit que « Les pratiques en matière de vente de produits phytopharmaceutiques seront également davantage encadrées avec notamment l’interdiction des remises, rabais, ristournes. »
    Il serait utile d’ajouter « stockages et déstockages » car ces pratiques sont de nature à feinter le plan Ecophyto II.

    • Page 27, dans la phrase « À chaque fois que cela est pertinent, les actions conduites par ces organismes, notamment celles financées par le CASDAR, comprendront des actions contribuant à la diffusion des pratiques et des systèmes de production à usage réduit en produits phytopharmaceutiques (en particulier les herbicides, dont le glyphosate) »nous regrettons ce focus sur les herbicides. Les produits nématocides, insecticides, larvicides, etc. doivent être visés tout autant que les herbicides.

    • Page 29, il est dit « Les informations collectées sont régulièrement synthétisées, par substance active, dans des fiches disponibles sur le site de l’Anses. Elles concernent l’utilisation des substances actives, leur présence dans les milieux (eau, alimentation, air, imprégnation humaine), les risques et les impacts observés sur les populations humaines, animales, végétales. »
    Il convient d’ajouter la fonge qui concentre les substances.

    Veuillez, Madame, Monsieur, croire en l’expression de notre sincère considération.

  •  Avis de la FDSEA du Finistère, par FDSEA du Finistère , le 10 décembre 2018 à 22h51

    Consultation sur le Plan Ecophyto 2+ : avis de la FDSEA du Finistère

    L’appropriation et l’intégration des actions Ecophyto2+ sur le terrain se fait et se fera si les solutions proposées sont efficaces et si les agriculteurs ont les moyens de les acquérir. Pour cela il est indispensable d’accompagner tous les agriculteurs dans leurs investissements et de ne pas leur créer des charges supplémentaires.

     Un volet économique doit être inscrit dans le plan Ecophyto II + au travers de soutiens financiers publics qui concernent toutes les agricultures et pas que la Bio.
    Ces soutiens doivent financer non seulement les matériels de substitution aux produits phytopharmaceutiques mais aussi explicitement l’amélioration du parc de pulvérisateurs, nécessaire pour limiter la dérive et répondre ainsi rapidement aux enjeux environnementaux et de santé public.

     Non aux augmentations de taxes et de charges, freins à l’engagement des agriculteurs dans la transition
    L’augmentation de la redevance pour pollution diffuse, limitera fortement les possibilités d’investir dans la transition. Pour notre seule région Bretagne, cela représente un surcout de 4,3 millions d’euros annuel à la charge des exploitants.
    Nous sommes également opposés à une séparation totale de la vente et du conseil, dont le coût pour chaque exploitation s’élèverait entre 3 500 et 6 000 € selon la diversité des productions. Cela conduirait à une désorganisation complète de l’accompagnement humain des exploitations agricoles, au moment où cet accompagnement est indispensable pour les rassurer sur les solutions alternatives disponibles.

     Pour une approche harmonisée des autorisations de substances actives et de produits phytosanitaires à l’échelle européenne
    La FDSEA du Finistère s’oppose à toute subsidiarité dans les procédures d’autorisation des substances et de produits phytopharmaceutiques au sein de l’Europe, conduisant systématiquement à des distorsions de concurrence, défavorables aux productions françaises. Ces interdictions franco-françaises ne sont que des opportunités supplémentaires données aux produits alimentaires importés, qui eux ne respectent aucunement nos standards de production, et dont l’importation à des coûts d’autant plus compétitifs accentue la déprise agricole de nos territoires.

    Le glyphosate est un exemple parmi tant d’autres. Son retrait annoncé de façon prématurée en France génèrera non seulement une nouvelle perte de compétitivité pour nos seules exploitations françaises mais fermera également la porte à des systèmes agro-écologiques innovants porteurs de solutions durables sur tous les enjeux de demain, qu’ils soient alimentaires, environnementaux et climatiques. Le glyphosate est en effet un outil indispensable pour développer les techniques de conservation des sols (TCS) basées sur l’abandon du travail du sol, le semis direct et la couverture permanente des sols en interculture. Ces TCS, encore peu développées en France, constituent le meilleur exemple de transition écologique en agriculture. Elles concilient bénéfices économiques (réduction des coûts de mécanisation), agronomiques (activité biologique et fertilité des sols améliorée, érosion réduite) et écologiques (séquestration du CO2 atmosphérique dans le sol, abri et nourriture pour la faune sauvage) et nécessite une application raisonnée d’un herbicide à large spectre comme le glyphosate et pour lequel il n’existe aujourd’hui aucune alternative équivalente et qui ne remettrait pas en cause les fondements environnementaux des TCS.

     Pour des mesures adaptées pour préserver les riverains, les zones d’intérêt écologique et les pollinisateurs
    C’est par le dialogue et non pas par plus de réglementations que les riverains se sentiront entendus et que la sérénité reviendra lors des interventions culturales. La FDSEA du Finistère demande de privilégier les démarches de concertation locale à la définition de zones de non traitement de manière à concilier véritablement les usages et les enjeux. Des chartes de bonnes pratiques sont proposées dans les territoires : elles permettent de rouvrir le dialogue et de trouver des solutions satisfaisantes tenant compte des contraintes de chacune des parties prenantes. A l’inverse, les arrêtés réglementaires et la mise en place de distances de non traitement accentuent les distorsions de concurrence entre les territoires comme cela est précisément le cas en Finistère, le Préfet ayant statué sur des distances d’interdiction d’usages beaucoup plus strictes que dans les départements voisins.

    Concernant la protection des zones d’intérêt écologique et la protection des insectes pollinisateurs, la FDSEA du Finistère s’oppose à l’instauration de nouvelles zones de non traitement, conduisant à réduire toujours plus les surfaces en production. Elles rappellent que des adaptations de pratiques (ex : horaires de traitement, …) sont possibles : elles sont déjà mises en œuvre et tout aussi efficaces sur les enjeux identifiés.

  •  Oui à réduction économiquement intelligente des produits phytopharmaceutiques, par EARL DU TILLEUL , le 10 décembre 2018 à 22h18

    La réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques est pour l’ensemble de la société nécessaire.
    Même si depuis l’entrée en vigueur du premier plan ecophyto, l’utilisation de ces produits n’a pas tenu ses objectifs, il faut néanmoins rappeler que bien avant ce plan, des efforts considérables ont déjà été entrepris par la profession. L’utilisation en quantité, s’est beaucoup réduite en 20 ans et la recherche a permis d’arriver à des usages nouveaux : granulés par exemple afin de réduire les doses.

    L’objectif ambitieux du plan ne pourra être tenu :
    - que s’il s’accompagne d’une réalité économique d’une part
    - et qu’il permet de fédérer autour du projet l’ensemble des acteurs de la société.
    Ce plan doit être objectivé et ses effets mesurés à intervalles réguliers afin éventuellement d’être adapté. La réduction de l’utilisation a également besoin de temps. Elle ne se fera pas durant le temps d’un mandat mais à force de résultats. Mieux vaut une réduction de 10% en 10 ans qu’une augmentation de 5% en 5 ans.
    Ce plan doit en outre être cohérent avec les autres mesures en vigueur ou décidées. J’en donnerai un contre-exemple : la séparation de la vente et du conseil va pénaliser les fournisseurs qui sont soumis par ailleurs aux objectifs du CEPP. Il y a donc là une incohérence contre-productive !

    Si les produits phytopharmaceutiques ont bénéficier des avancées de la science et de la recherche, leur réduction doit également s’en inspirer. Chaque découverte ou expérimentation réussie doit permettre de concourir à la réduction de leur utilisation. La science plutôt que le dogme. Rien ne sert de stigmatiser les agriculteurs en voulant opposer les "pour" et les "contre", il faut expliquer à la société ainsi qu’aux professionnels les grandes orientations du plan.

    Le point de vue économique est primordial à la réussite de ce plan, tout comme le sont également la cohérence, l’explication et la vision long terme des décisions.
    Il s’agit de plus d’une problématique mondiale. Inutile alors de rechercher des solutions franco-françaises mais utilisons toutes les ressources de l’Europe afin de bâtir au niveau européen, un plan de réduction commun tout comme l’est la politique agricole.
    Interdire en France des produits autorisés dans d’autres pays de l’union expose les agriculteurs français à une concurrence déloyale qui ne peut être que mal comprise et qui est somme toute contre-productive car certaines productions doivent alors être importées faute de débouchés français (ex : cerises) ; productions traitées avec des produits interdits en France. Quelle logique ?
    Inutile également de fixer des objectifs qui ne soient pas SMART. Sur le glyphosate, pourquoi vouloir aller plus vite que les 5 ans fixés par la commission ? Là encore, une recherche cohérente sera un gage de réussite. Ne confondons pas vitesse et précipitation.
    Cette réduction doit être également accompagnée par les professionnels de terrain et acteurs locaux qui sont au fait des réalités pédoclimatiques locales et sont les plus à même d’expliciter, de proposer et d’innover.

    En conclusion c’est donc en alliant la réalité économique et la concertation de tous autour du projet que celui-ci aura une chance de réussir.

  •  Fédération du Négoce Agricole, par Fédération du Négoce Agricole , le 10 décembre 2018 à 22h09

    La FNA s’interroge sur les réelles possibilités de concertation qui nous sont offertes face à ce projet de plan. En effet l’appellation du fichier proposé à la consultation, à savoir « plan-ecophyto_2_-_bat.pdf », laisse à penser que ce projet serait en version BAT (BAT signifiant « Bon à tirer » ?).

    Ce projet de plan Ecophyto 2 + vient compléter le plan Ecophyto 2 des points relevés par le plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides. La Fédération du Négoce Agricole et ses adhérents sont d’ores et déjà engagés dans la réduction de l’utilisation et de l’impact des produits phytopharmaceutiques. L’implication des négociants agricoles dans le dispositif des Certificats d’Economie de Produits Phytopharmaceutiques en est une démonstration concrète. Cependant, la FNA alerte une nouvelle fois sur les impacts dramatiques de certaines des mesures envisagées dans ce nouveau plan.

    Dans le but de réduire le recours aux produits phytopharmaceutiques et leurs impacts, les négociants ont déjà initié de nombreuses actions notamment à travers les CEPP, l’accompagnement de groupes 30 000 ou de fermes DEPHY,…. C’est dans ce contexte et alors que ce projet de plan vise à favoriser « l’approche système » que nous réaffirmons fermement une nouvelle fois l’incompatibilité totale avec la volonté mentionnée dans ce projet d’une séparation capitalistique des activités de conseil et de vente des produits phytopharmaceutiques. Cette incompatibilité se manifeste également en p48 lorsqu’il est évoqué que « Les distributeurs seront également invités à s’engager afin de valoriser les démarches contractuelles avec les agriculteurs qui s’engagent dans des pratiques particulièrement respectueuses de l’environnement, notamment au regard de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ». Sans possibilité d’accompagnement des agriculteurs dans ce genre de démarche il n’est pas possible, pour les distributeurs, d’accompagner le déploiement des solutions les plus vertueuses éligibles aux CEPP.

    S’agissant des CEPP et de l’effort souhaité de la part de l’ensemble des acteurs « pour dynamiser les propositions d’actions », la FNA s’interroge sur la cohérence de cette volonté avec le blocage observé des propositions d’actions visant à réduire l’impact des produits phytopharmaceutiques pourtant évoqué plus haut en page 11 du projet de plan.

    Une réflexion sur les indicateurs de suivi du plan est évoquée ici « Une réflexion sera engagée pour évaluer la pertinence de ces indicateurs et le cas échéant, les faire évoluer. ». A la suite du plan Ecophyto II, un panier d’indicateur avait été proposé par la profession agricole afin de suivre les évolutions à plusieurs étapes de la mise en œuvre des solutions alternatives, malgré des engagements à décliner ses composants dans le plan, la Fédération du Négoce Agricole regrette qu’aucun de ces indicateurs n’ait été calculé jusqu’alors et demande la concrétisation de la promesse d’intégration de ces indicateurs au projet de plan Ecophyto 2+. Nous nous interrogeons sur la pertinence de considérer le NODU comme un indicateur significatif unique car dès aujourd’hui nous constatons qu’il ne reflète pas les efforts déjà consentis.

    Alors qu’une augmentation de 50 millions d’euros de la Redevance pour Pollution Diffuse est prévue par ce projet de plan Ecophyto 2+, le fléchage exclusif de ce montant vers l’agriculture biologique est contreproductif puisque les agriculteurs conventionnels auront besoin de soutien à l’accompagnement de leur changements de systèmes de culture afin de faire évoluer le modèle de leurs exploitations et leurs pratiques. La poursuite de l’objectif de réduction de l’usage et de l’impact des produits phytopharmaceutiques est identique quel que soit le mode de production, le fait d’accompagner seulement les agriculteurs biologiques avec ces fonds pourra également freiner la mise en place de solutions alternatives actuellement préconisées par les distributeurs et reconnues dans le cadre du dispositif des CEPP. Réserver ce fléchage à l’agriculture biologique sera de nature à alimenter les oppositions entre les différents systèmes de cultures alors qu’il nous semble que la richesse de l’agriculture française prend sa source dans la diversité et l’harmonie des systèmes de cultures.

    Conformément aux idées évoquées dans ce projet de plan, la réussite de ce dernier « nécessite l’engagement public de tous les acteurs », 40 partenaires se sont déjà associés afin de poursuivre une trajectoire de projet pour la protection des plantes, c’est la démarche du Contrat de solutions. Dans ce contexte, et pour garder une pleine cohérence dans les politiques publiques il nous semble essentiel que cette initiative soit largement soutenue par les pouvoirs publics afin d’en amplifier le rayonnement et d’en renforcer la portée dans un but commun de réduire l’utilisation et l’impact des produits phytopharmaceutiques tout en préservant la viabilité économique des exploitations.

    La Fédération du Négoce Agricole salue par ailleurs l’engagement des pouvoirs publics dans le renforcement des dispositifs de type 30 000 dans lesquels ses adhérents sont largement engagés.

    La Fédération du Négoce agricole regrette que ce projet de plan introduise de nouvelles sources de distorsions de concurrence entre les producteurs français et ceux d’autres pays de l’Union européenne. Avec notamment les possibilités évoquées en page 38 du projet de plan, s’agissant du retrait unilatéral de substances actives dites les plus préoccupantes selon le rapport de la mission conjointe CGAAER –CGEDD-IGAS. En plus de mettre en danger les filières françaises, ce type de mesure ne satisfait pas à l’objectif de protection de l’ensemble des populations et de l’environnement.

  •  Contribution de la Chambre d’Agriculture de Loir et Cher, par Philippe NOYAU , le 10 décembre 2018 à 21h45

    La chambre d’Agriculture de Loir et Cher souscrit à l’enjeu général d’Ecophyto, réduire l’usage et les impacts des produits phytopharmaceutiques (PPP). Elle soutient donc la poursuite du plan Ecophyto et notamment des actions initiées dans les plans précédents (surveillance biologique du territoire, les réseaux Dephy, les groupes dits 30 000).
    Elle est toutefois réservée sur les nouvelles orientations du projet de plan Ecophyto 2+. En effet, ce dernier n’intègre pas assez les notions de rentabilité, de productivité et de qualité des productions agricoles. Il ne prend pas en considération le rôle important de l’agriculture dans la production alimentaire.
    Dans ce plan, le coût supplémentaire en moyens humains, en équipement, en organisation des solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques n’est pas abordé. La prise de risque dans la conduite culturale que ces solutions induisent n’est pas prise en compte. L’évaluation de l’impact de ces solutions alternatives doit donc être globale, intégrer par exemple le changement climatique.
    Au sujet des produits de biocontrôle et des PNPP, il est important d’avoir des exigences identiques à celles des PPP. En effet, même si ces solutions sont naturelles, elles peuvent avoir des impacts négatifs sur la santé et l’environnement.
    Au-delà des usages sans solution alternative, il parait important de maintenir les usages n’ayant pas d’impact sur l’environnement et permettant de réduire l’IFT au global. Par exemple, appliquer du glyphosate en interculture à l’automne n’a pas d’impact s’il est utilisé dans de bonnes conditions et cela permet de limiter le désherbage à l’automne.
    Les indicateurs utilisés pour toutes les actions doivent avoir une vision globale et non centrée exclusivement sur l’IFT. Même si les résultats en termes de réduction des PPP ne correspondent pas aux objectifs, il est nécessaire de mettre en avant les actions réussies telles que la surveillance biologique du territoire, Certiphyto, Dephy et le déploiement des 30 000.
    Les actions du Plan Ecophyto 2+ sont principalement centrées sur la suppression du glyphosate. Or, la problématique du désherbage doit être gérée à l’échelle globale et non en ciblant une matière active. De plus, il est nécessaire d’évaluer les conséquences de la suppression du glyphosate sur le développement des résistances.
    L’agriculture française est en perte de vitesse face à ses concurrents sur son marché intérieur, sur les marchés européens et mondiaux. Il faut donc lui redonner de la compétitivité. La Chambre d’agriculture de Loir et Cher s’inquiète donc de la distorsion de concurrence avec les autres pays que génèrent les mesures du plan Ecophyto 2+. Et demande qu’à minima les produits alimentaires importés en France aient les mêmes exigences en termes de qualité et de conditions de productions afin que les choix alimentaires des citoyens soient respectés et qu’ils puissent décider en toute confiance.
    Le plan Ecophyto 2+ est ambitieux. En conséquence, les moyens humains et financiers alloués aux acteurs, et notamment aux organismes de développement, impliqués dans la mise en œuvre du plan Ecophyto 2+ doivent être mis en cohérence avec cette ambition. En outre, ce plan doit permettre la poursuite des échanges entre l’Etat et les structures impliquées dans le plan, en particulier le monde agricole ; ce que sa conception descendante ne permettra pas.

  •  De la cohérence , par Vereecke , le 10 décembre 2018 à 21h04

    Le plan ecophytho II+ veut « inciter plus largement des groupes d’agriculteurs à s’engager dans la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en les accompagnant techniquement et financièrement via les dispositifs d’aides aux investissements… »
    Il est inconcevable de toujours donner des primes ou aides, si la société veut une agriculture moins dépendante des produits phytosanitaires elle doit assumer et payer au juste prix ce type de production. Il faut se mettre à la place de l’agriculteur qui est sans cesse contraint et jamais soutenu. En outre, beaucoup d’agriculteur sont méfiant vis-à-vis de certaines aides type MAEC, MAET ou même bio qui sont pour certaines toujours pas versées intégralement aux agriculteurs déjà engagé (l’agriculteur respecte son contrat mais pas l’état).
    Il sera certainement plus efficace de soutenir les agriculteurs dans la réduction de l’usage de produits phytosanitaire en valorisant les productions issue d’une faible consommation en produits phytosanitaires. Cette valorisation passe par une augmentation du prix de vente de sa production, en effet le producteur prend des risques à faire l’impasse de certains traitements, prend des risques en faisant d’autres cultures moins rentable, moins adapté à son contexte pédo climatique mais plus économe en intrant…etc. Beaucoup de producteurs auront une véritable motivation et surtout seront récompensés des risques et des efforts entrepris.
    On ne peut pas d’un côté faire des efforts de réductions sans récupérer une valeur ajouté. Ce type de politique sera nettement plus efficace que des interdictions. Les interdictions franco française pénalise plus l’agriculture française qu’elle ne lui rend service, en effet, les agriculteurs perdent en rentabilité et sont moins à même d’investir dans des solutions moins polluantes. De plus pour compenser les pertes de productivité, on importera les produits traités avec des molécules interdites chez nous. Conclusion, on ne protège pas le consommateur et on affaibli fortement les filières. Le diméthoate (insecticide contre la mouche suzuki des cerises interdit en France mais pas en Europe) en est le triste exemple. On importe des cerises traités au diméthoate de Turquie…. Il en sera de même si on interdit le glyphosate qu’en France, on accentuera encore plus les distorsions de concurrence et on importera encore plus de produits agricole traité au glyphosate ( + de 4 millons de tonnes de soja OGM / ans importé aujourd’hui en France.)
    Si on veut vraiment réduire l’usage de produits phytosanitaire, il faudra aussi passer par la génétique des plantes pour lutter contre les maladies fongiques et les insectes. (OGM ?)
    Il est usant de lire que sur le papier on a des solutions et qu’il suffit de déployer des techniciens pour expliquer aux agriculteurs comment faire.
    Premièrement beaucoup d’agriculteurs sont aussi compétents que des technicien ou ingénieur (généralement ils ont le même diplôme BTS ou ingénieur agronome
    Deuxièmement, c’est mal connaitre l’agriculture que de dire on a une recette magique, il suffit de la diffuser :la FRANCE possède une grande diversité de type de sol de contexte pédo-climatique, et chaque parcelle a son historique ( Adventices présentes, travail du sol etc.). Par exemple on ne peut pas mettre en place une rotation longue et varier dans certaines régions, dans certaines parcelles ( pentes , terres hydromorphes ,ou trop superficielles…), ou dans des endroits où il n’y pas de filière local (comme les cultures de luzerne ou de chanvres). Il faut raisonner local.

    Pour conclure, la réduction de l’usage de produits phytosanitaire sera plus efficace en valorisant nettement les productions issue d’une conduite bas intrant que d’interdire à tout vas. Il faut veiller à ne pas laisser les agriculteurs dans des impasses techniques et surtout on ne peut pas demander aux agriculteurs des efforts et à coté importer des produits issus d’une agriculture que la société ne cautionne pas. Il faut être Cohérent et malheureusement ce n’est pas prêt d’être le cas.

  •  commentaire sur l’ensemble des mesures du plan écophyto, par Laurent , le 10 décembre 2018 à 20h42

    D’une façon générale toute les mesures mises en place qui paraissent à première vue intéressantes deviennent inutiles. En effet elles ne sont pas appliquées partout ; donc d’une part on se pénalise économiquement et d’autre part comme on continue d’importer des produits qui ne sont pas soumis aux mêmes obligations (et donc moins cher) il n’ y a aucun avantages pour le consommateur.

  •  Réduction de l’usage aux produits phytosanitaires , par Wychovalek , le 10 décembre 2018 à 20h22

    Bonjour

    le plan Écophyto tient -il compte de la perte économique en agriculture ?
    comment est il possible de rester compétitif et surtout de vivre de notre métier si nous n’avont pas les mêmes contraintes de production en Europe ?
    avez vous mesurer le risque de crise alimentaire en cas d’aleas Climatique ou d’attaque Massive de ravageurs ?

    des interdictions c’est bien des solutions et protection des paysans c’ est mieux !

  •  Mon avis, par IFT45 , le 10 décembre 2018 à 19h46

    Ecophyto ou la chronique d’un échec annoncé : l’objectif de réduction de 50% ne sera pas tenu, car il repose sur un postulat faussé dès le départ, qui serait que notre agriculture serait « dépendante » des produits phytosanitaires, comme un junkie de ses cristaux de crack.

    Or la protection des cultures n’est pas une addiction, c’est un besoin qui correspond à une nécessité, et ce depuis l’invention de l’agriculture, car une alimentation saine et sûre ne peut être produite qu’à partir de productions agricoles saines et sûres.

    Pour continuer à bien protéger nos cultures, et même à mieux les protéger, les produits phytosanitaires font partie d’un éventail d’outils dont il serait dommage de se passer sous prétexte qu’ils seraient tous « mauvais » pour l’environnement : ce n’est pas la réalité, et comme pour les médicaments, les autorisations de mise sur le marché délivrées par les agences sanitaires garantissent un rapport bénéfices / risques favorable.

    Et dans ce domaine aussi, les connaissances et les pratiques s’améliorent continuellement, aussi bien en termes d’efficacité que de réduction des impacts sur l’environnement et la santé.

    Or pour mesurer et amplifier ces progrès, le critère quantitatif n’est pas pertinent. Certes il parle aux simples d’esprit et aux ayatollahs de l’écologie punitive, mais il ne répond en rien aux enjeux liés au besoin de protéger les cultures tout en préservant l’environnement.

    Le fait qu’un produit soit de synthèse ou dit « naturel » n’est pas non plus un critère pertinent : nombre de produits dits « naturels » sont très toxiques pour l’environnement (par ex le cuivre) ou pour les personnes (par ex huile de neem). Naturel ou de synthèse, bio ou pas, un « pesticide » reste un « pesticide » !

    Donc plutôt que de se focaliser sur un objectif de réduction quantitative de l’usage des produits de synthèse qui n’apportera aucun progrès en termes de protection de l’environnement, de la santé des personnes et accessoirement des plantes, on devrait encourager la recherche de solutions qui apportent durablement de réels progrès en matière de protection de l’environnement et de la santé, tout en étant économiquement et techniquement réalistes.

    On trouve dans les axes de progrès d’Ecophyto II+ des éléments qui permettent de soutenir la recherche et l’innovation, et c’est bien les seuls qui trouvent grâce à mes yeux.

    Malheureusement ces éléments sont occultés par l’idéologie de l’écologie punitive : augmentation de la redevance pour pollutions diffuses, CEPP, séparation des activités de distribution, d’application et de conseil, site internet gouvernemental sur le glyphosate contribuant à l’agri-bashing, et autres interdictions sans solutions.

    Pour cette raison Ecophyto II+ ne pourra pas susciter l’adhésion de la majorité des agriculteurs, les ressources financières qui y seront consacrées seront mal utilisées car finançant la « com » plutôt que la recherche et à l’innovation, et on aura encore une fois manqué une belle occasion de réconcilier la population avec la vision d’une agriculture de mieux en mieux respectueuse de l’environnement, mais aussi moderne, productive, et génératrice de richesses pour les agriculteurs et pour le pays.

    Dommage…

  •  agriculteur pour le maintien du glyphosate, par PHILIPPOT , le 10 décembre 2018 à 19h20

    Le retrait du glyphosate va être très préjudiciable à notre activité :
    - augmentation des coûts de production par l’utilisation de moyens mécaniques répétitifs.
    - probléme d’érosion en pente avec le retour de l’utilisation des charrues en raison de l’impossibilité de continuer les Techniques Culturales Simplifiées, trop de reverdissement non maîtrisables.
    - abandon des couverts végétaux en hiver en raison de l’impossibilité de les détruires au printemps de façon mécanique dans nos sols argileux.
    - bilan carbone catastrophique du fait de la multiplication des passages de tracteur pour maîtriser l’herbe.

  •  Un scénario de rupture est nécessaire, par Association Eau & Rivières de Bretagne , le 10 décembre 2018 à 19h12

    En préambule, nous prenons acte de l’échec des précédentes versions du plan Écophyto. Contrairement à l’ambition affichée, les consommations de pesticides n’ont pas diminué mais bien augmenté (le NODU ayant connu une augmentation de 12 % entre 2014 et 2016). Les modifications à la marge d’un plan qui n’a pas permis d’atteindre les ambitions escomptées ne pourront pas, sans changement de cap réel permettre la réduction de l’usage des pesticides nécessaire à notre pays.

    Nous attendons d’un tel plan qu’il mette en place une politique, non pas uniquement de moyens, mais bien de résultats. À ce titre, le renforcement de la RPD doit s’accompagner d’un ciblage précis des crédits vers des actions permettant une réduction effective et rapide de l’utilisation des pesticides.

    Il est plus que temps que le plan Écophyto embrasse plus largement la question des pesticides ; c’est à dire à la fois les produits phytopharmaceutiques et les biocides. Ces biocides, pour certains composés des mêmes substances actives que les produits phytopharmaceutiques, ont des impacts avérés sur la santé et l’environnement. Un plan national de réduction devrait rapidement être engagé afin de connaître le recours précis à ces substances et d’engager les mesures nécessaires pour la diminution de leur usage.

    D’une manière générale, le projet proposé présente peu d’éléments chiffrés, et de calendrier des délais de mise en œuvre. Il ne nous paraît pas concevable que l’objectif de réduction de 25 % annoncé pour 2020 soit atteint sans poser un certain nombre de jalons. Le plan doit s’appuyer sur un programme précis et détaillé par région avec des phases de résultats clairement spécifiés et exprimés dans le temps. D’autre part et bien que l’arrêt de l’usage des pesticides doive concerner tout le territoire national, il est nécessaire de définir des zones géographiques d’interventions stratégiques en corrélation avec la pression phytosanitaires sur les territoires afin d’améliorer l’efficacité d’un tel plan ; en complément des feuilles de route régionale qui doivent tenir compte des spécificités régionales.

    Les actions doivent s’inscrire dans la perspective d’interdiction de l’usage des pesticides de synthèse et notamment de l’interdiction du glyphosate en 2020. Toutes les aides publiques aux productions et aux investissements doivent être conditionnées à l’évolution des systèmes de production vers des systèmes durables, avec une priorité à l’agriculture biologique et en excluant toutes les utilisations de glyphosate, produits CMR, …

    Pour notre association, ce toilettage du plan Écophyto II sera insuffisant pour permettre les changements de systèmes agricoles nécessaires pour avoir une chance d’atteindre l’objectif transitoire de – 25 % de l’usage des pesticides en 2020. Une fois de plus, cette nouvelle version du plan ne mobilise que des leviers volontaires. Il est plus que temps,compte tenu de l’échec patent des précédentes versions, que le levier réglementaire soit enfin activé.

    Un scénario de rupture doit être envisagé, le plan Écophyto, pour atteindre ses objectifs, doit impulser une véritable transition vers une agriculture non chimique.

  •  Contribution des Chambres d’agriculture de Bretagne, par CRAB , le 10 décembre 2018 à 19h07

    Les Chambres d’agriculture de Bretagne se sont impliquées fortement depuis le départ dans la dynamique Ecophyto, en lien avec leurs partenaires et la DRAAF. Cela a notamment abouti à la création de 14 groupes DEPHY, où les agriculteurs participants s’impliquent fortement (-30% pour les phytos), et à la mise en place de 36 « groupes 30 000 » qui souhaitent capitaliser et s’approprier les résultats de DEPHY et s’engagent pour réduire l’utilisation et l’impact des produits phytosanitaires.
    Les moyens financiers doivent être à la hauteur de cette implication, de ces attentes et de ces objectifs.
    Ce plan présente dès l’abord une contradiction à résoudre : les objectifs sont autant voire plus ambitieux que pour le plan précédent alors que dans le même temps, en particulier sur certains axes, les moyens financiers alloués sont en baisse. Le cas du Bulletin de Santé du Végétal (BSV) est emblématique : alors que son efficacité est reconnue et que le plan Ecophyto veut élargir encore son champ d’action, son financement est en baisse de 22% !
    Le plan Ecophyto s’attache à placer l’entreprise agricole au centre du dispositif. Or, il est demandé un effort important aux agriculteurs, sans que le risque à assumer soit pris en charge financièrement. Des agriculteurs font aujourd’hui évoluer leur système d’exploitation vers l’agriculture biologique et la prise en charge financière du risque est admise pour ce qui les concerne : il devrait en être de même pour les exploitations en conventionnel. La gestion du risque au niveau de l’exploitation est un facteur essentiel pour l’atteinte de l’objectif global des 50%.
    Les indicateurs : les indicateurs actuels traduisent surtout le niveau d’utilisation des produits phytos (quantité).
    Ces indicateurs mériteraient d’être complétés par des indicateurs co-construits de moyens ainsi que par des indicateurs plus détaillés prenant en compte les réductions d’impact (qualité de l’eau, catégories de produits selon leur profil toxicologique etc).
    Par ailleurs, les indicateurs actuels mériteraient d’être complétés par des indicateurs pluriannuels tenant compte de la rotation des cultures.

  •  commentaires sur les 9 points, par Antoine DECLERCQ , le 10 décembre 2018 à 19h05

    1/ reduction de 50 % en 2025 ; cet objectif doit être conditionné par la mise en place de solution alternative véritable (ce qui n’est pas le cas pour les néo sur betteraves par ex) de plus la séparation du conseil et de la vente ne va pas aidé cette réduction, en effet, le conseil va vouloir sécuriser son revenu par du résultat.
    2/ surveiller et prévenir les risques sur l ’usage ; cela fait plus de 20 ans que les agriculteurs sont sensibilisé, 8 ans qu’ils appliquent les produits avec une formation validée par l’état.
    3/ s’inscrire au cœur du projet agro écologique français ; Europe 1 ce matin (10/12/18) David Abiker confirme ce que tous les agriculteurs pensaient, la France a déjà l’agriculture la plus sûre et la plus durable du monde, what else ?
    4/ Identifier, documenter, diffuser, valoriser les alternatives ; cela fait longtemps que les agriculteurs ont commencé à réfléchir a plusieurs méthodes de cultures et ce différentes en fonction des régions et des cultures.
    5/ placer les entreprises agricoles au centre du dispositif ; les produits phytos sont distribués en grande majorité par des coopératives qui appartiennent aux agriculteurs , comment pouvions faire mieux ? en 2019 avec la séparation comment faire ?
    6/ territorialiser les actions en augmentant les moyens d’actions à l’échelle régionale ;très bonne idée.
    7/ sensibiliser les citoyens au défi d’une transition de l’agriculture fondée sur une synergie entre agro et écologie
    >Oui avec toute la déformation de l’information, il est temps de réexpliquer que les agriculteurs travaillent sur cette idée depuis des générations…
    8/ soutenir les dynamiques de groupe, projet de filière, actions plus larges que celle de l’exploitation ; très bonne idée
    9/ favoriser l’engagement public des tous les acteurs sur des objectifs réalistes et vérifiables pour assurer eco phyto 2 le mot réaliste est FONDAMENTAL et il faut inclure dans cette idée la notion de compétitivité,

  •  Consultant agriculture , par Renou , le 10 décembre 2018 à 18h55

    Étant en agriculture de conservation, nous ne pouvons pas nous passer du glyphosate, etant donné que nous navons aucune alternative egale au glyphosate, tant au niveau financier, que niveau efficacité, lenjeu économique sur notre exploitation serait énorme, et les pertes en conséquence.

  •  Progressivement s’adapter a la nature pour mieux la respecter, par Frederic J Ingenieur , le 10 décembre 2018 à 18h41

    Les objectifs chiffrés nationaux ambitieux tels que les "50%" de 2018 sont aussi mediatiques et politiques… qu’in-atteignables.
    In-atteignables parce qu’un certain nombre de solutions techniques de remplacement ne sont pas encore au point, ou bien pas applicables dans la plupart des zones geographiques.
    Et parce que ces techniques de remplacement n’ont pas été assez éprouvées faute de volonté politique également.
    Parce pour faire le buzz et les gros titres des nos médias, elles ont été avant tout "politiques", et dénuées de tout lien avec les cycles de la nature, et les contraintes de celle ci.
    Parce que les obligations imposées aux agriculteurs sont souvent nationales et ne tiennent pas compte des diversités climato pédoloqiques regionales (je ne vous parle que de la France, alors imaginez l’utopie de regles a l’echelle de notre Europe !)
    Alors, Oui a un plan écophyto ambitieux et a une reduction de l’utilssation des pesticides, Mais inutile d’essayer de le refaire au mépris du terrain et des agriculteurs, et egalement de la compétitivité de notre agriculture. Un plan écophyto ne doit pas accompagner l’agriculture vers des solutions qui n’ont pas été éprouvées a 100%. Il doit dans un premier temps TESTER ces solutions avec les Agriculteurs, et que les décisions soient prises en CONCERTATION avec eux ensuite, en fonction des resultats du terrain. Les professionnels responsables que la plupart sont seront les premiers a aller vers l’avant en suivant cette logique. Bonne reflexion et a votre disposition

  •  L’interdiction du glyphosate, par DALIGAULT , le 10 décembre 2018 à 18h22

    F.D. conseiller en agriculture, retraité, n’est pas favorable à l’interdiction du glyphosate tout pendant qu’un autre produit efficace ne soit mis sur le marché.

  •  Commentaires sur le Plan Ecophyto 2+, par PHILAGRO FRANCE , le 10 décembre 2018 à 18h03

    Depuis les années 2000, la qualité sanitaire des productions françaises n’a cessé de s’améliorer.
    Les causes sont diverses et variées :
    - un cadre règlementaire fixé au niveau européen (pas national) et toujours plus exigent,
    - l’innovation en matière d’équipements et de solutions de protection des plantes,
    - une professionnalisation des agriculteurs par la formation et le conseil ;
    - l’adoption d’itinéraires techniques et de pratiques culturales mieux adaptées,
    - …
    Toutes les parties prenantes de plan n’ayant pas été consultées, les propositions du Gouvernement Français (et non de la France), contenues dans le Plan Ecophyto 2+, consistent en une approche de réduction des usages dont le suivi est uniquement basé sur des indicateurs d’utilisation, déconnectés de la réalité de la filière agricole française. Notre position est en faveur d’une stratégie de panier d’indicateurs (indicateurs d’utilisation + analyse de leur évolution + indicateurs d’impacts + indicateurs d’évolution des pratiques).
    Pour être efficaces, les objectifs du Plan doivent tenir compte de l’évolution du contexte sanitaire et climatique français et être raisonnables et atteignables, notamment en faisant une priorité de la réduction des risques et des impacts liés à l’utilisation des produits de protection des plantes.

  •  BTS Agriculture , le 10 décembre 2018 à 17h54

    Pour une sortie du Gliphausate il faut une alternative,car trop de produit toxique tue la nature. Tue le naturel. Si le naturel est tué ces produits ne serons plus naturel.

  •  Contribution FNSEA, par Nelly Le Corre Gabens , le 10 décembre 2018 à 17h20

    La transition écologique est actée par les agriculteurs mais son rythme, sa trajectoire et ses moyens d’accompagnement doivent être réalistes et compatibles avec le revenu agricole. En effet, les agriculteurs ne peuvent seuls relever le challenge de la réduction des usages, des risques et des impacts des produits phytosanitaires. Tous les acteurs de la chaine alimentaire doivent être mobilisés, jusqu’aux consommateurs. « Plus vert, c’est plus cher ». Un volet économique doit donc être inscrit dans le plan Ecophyto II +.
    En outre, les agriculteurs dénoncent fortement les distorsions de concurrence, y compris au sein de l’Union Européenne, engendrées par des réglementations et des décisions plus strictes en France que dans le reste du monde. Il importe que tous les produits agricoles et alimentaires importés sur notre territoire répondent aux mêmes règles que les productions françaises.
    Les agriculteurs croient dans la démarche du Contrat de Solutions pour une trajectoire de progrès dans la protection des plantes. C’est en proposant des solutions efficaces et accessibles économiquement que nous parviendrons à répondre aux attentes des consommateurs, à préserver la planète et à assurer la pérennité de nos exploitations agricoles. Toute approche fondée sur des interdictions sans solutions est vouée à l’échec. Les travaux de recherche et d’innovation doivent être en relation avec les besoins des filières et des territoires.

    Nos principales demandes d’évolution pour le projet de plan Ecophyto II + sont les suivantes :

    o Pour une priorisation de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée sur l’identification de solutions opérationnelles, déployables dans les exploitations (p. 21 et 22)

    Les financements d’Ecophyto en matière de recherche doivent être consacrés à la recherche de solutions conduisant à une réduction des risques et des utilisations des produits phytosanitaires. Les travaux scientifiques de qualité sur les questions de santé, d’environnement et de biodiversité, certes importants, doivent être financés par ailleurs. De même, ce n’est pas au Comité d’Orientation Recherche et Innovation d’Ecophyto de regrouper toujours plus d’experts de la santé, de l’environnement et la biodiversité. Le Groupe Santé Environnement et ses différents groupes de travail sont les instances pour réaliser les transversalités.
    Par ailleurs, les priorités qui ressortent du Contrat de solutions et des plans de filière en matière de protection des cultures doivent être prises en compte par le Comité d’Orientation Recherche et Innovation d’Ecophyto.

    o Pour un accompagnement financier public de la transition vers l’ensemble des exploitations agricoles (p. 6, 11, 12, 48 et 60)
    Des soutiens financiers publics sont nécessaires pour accélérer les transitions. Des moyens financiers nouveaux, complémentaires des moyens déjà fléchés pour l’adaptation des exploitations agricoles, sont indispensables.
    Ces soutiens doivent viser non seulement les matériels de substitution aux produits phytopharmaceutiques et les investissements visant la transition et la transformation des systèmes de production, mais aussi explicitement l’amélioration du parc de pulvérisateurs, indispensable pour répondre rapidement aux enjeux environnementaux et à ceux des riverains.
    Il importe, en outre, que les solutions identifiées dans le Contrat de Solutions soient prioritaires et bénéficient d’un bonus dans l’accès aux aides.
    Par ailleurs, les aides des régions et agences de l’eau aux exploitants agricoles doivent pouvoir s’inscrire dans des dispositifs simples, par des appels à projet, sur des listes de matériels éligibles, permettant de motiver dans la transition un grand nombre d’agriculteurs.
    Enfin, tout en soulignant l’importance d’un accompagnement financier de l’agriculture biologique, nous considérons que pour relever le défi d’Ecophyto II +, c’est l’ensemble des agriculteurs et des agricultures qu’il importe d’accompagner, et non une en priorité.

    o Non aux augmentations de taxes et de charges, freins à l’engagement des agriculteurs dans la transition (p.6, 10, 13 et 48)
    Les agriculteurs sont opposés à l’augmentation de la redevance pour pollution diffuse, qui limitera fortement leurs possibilités d’investir dans la transition et de prendre des risques.
    Ils sont également opposés à une séparation totale de la vente et du conseil, dont le coût pour chaque exploitation s’élèverait entre 3 500 et 6 000 € selon la diversité des productions. Cela conduirait à une désorganisation complète de l’accompagnement humain des exploitations agricoles, au moment où cet accompagnement est indispensable pour les rassurer sur les solutions alternatives disponibles. Les agriculteurs soulignent en outre l’incompatibilité complète entre cette séparation et les certificats d’économie de produits phytosanitaires.

    o Pour une approche harmonisée des autorisations de substances actives et de produits phytosanitaires (p. 28, 37, 38 et 39)
    Les agriculteurs sont opposés à toute subsidiarité dans les procédures d’autorisation des substances et de produits phytopharmaceutiques au sein de l’Europe, conduisant systématiquement à des distorsions de concurrence, défavorables aux productions françaises.
    Concernant le glyphosate, les agriculteurs restent fermement opposés à un calendrier franco-français en matière d’interdiction. Ils rappellent les coûts estimés à plus d’un milliard pour l’agriculture française pour remplacer cette substance, ainsi que les impasses, notamment en agriculture de conservation et sur les terrains très en pente. Par ailleurs, ils réitèrent leur demande que les décisions de retrait doivent rester basées sur des fondements scientifiques.
    Parallèlement, les agriculteurs français rappellent leur engagement dans la recherche et l’adoption de solutions alternatives dès lors qu’elles sont économiquement viables, notamment au travers du Contrat de Solutions.
    Par ailleurs, les agriculteurs demandent l’inscription dans le projet de plan de la méthode envisagée par les autorités administrations pour faire respecter l’article 44 de la loi EGAlim qui « interdit de proposer à la vente ou de distribuer à titre gratuit en vue de la consommation humaine ou animale des denrées alimentaires ou produits agricoles pour lesquels il a été fait usage de produits phytopharmaceutiques ou vétérinaires ou d’aliments pour animaux non autorisés par la réglementation européenne ou ne respectant pas les exigences d’identification et de traçabilité imposées par cette même réglementation. »
    Possible d’apporter des exemples de recul de certaines productions, voire d’arrêt d’exploitations agricoles et/ou d’entreprises de transformation, du fait d’interdictions franco-française de substances actives, et d’apporter des projections sur les conséquences de retrait à venir.

    o Pour des mesures adaptées pour préserver les riverains, les zones d’intérêt écologique et les pollinisateurs (p.31 et 32)
    Concernant la protection des riverains, les agriculteurs sont engagés/vont s’engager dans l’élaboration d’une charte de bon voisinage, en concertation avec les acteurs du territoire au niveau départemental. Ils s’appuieront sur la proposition de charte type finalisée dans le cadre du Contrat de Solutions (fiche 36). Les agriculteurs considèrent que c’est par le dialogue et non par plus de réglementation que les riverains se sentiront entendus et que la sérénité reviendra lors des interventions culturales.
    Concernant la protection des zones d’intérêt écologique, la FNSEA est fermement opposée à l’instauration de nouvelles zones de non traitement, conduisant à réduire toujours plus les surfaces en production.
    Par ailleurs, concernant la protection des insectes pollinisateurs, les agriculteurs mettent en œuvre les fiches abeilles par culture, publiées en 2016. Ils rappellent que là-aussi, c’est par le renforcement du dialogue et non par des réglementations supplémentaires que les évolutions pérennes se feront.
    Enfin, avec le Contrat de Solutions, l’objectif est de réduire les utilisations, les risques et les impacts. Les fiches 16 et 17 relatives à la classification des pulvérisateurs et à la formation au réglage et à la bonne utilisation des matériels contribueront directement aux enjeux riverains et biodiversité. De même, l’implication des agriculteurs dans la solution 4 qui porte sur les bandes fleuries permettra d’optimiser le service de régulation naturelle des bio-agresseurs apporté par la faune auxiliaire.

    o Pour un panier d’indicateurs mobilisateurs pour les agriculteurs.
    Les agriculteurs en ont assez de l’agribashing et souhaitent voir reconnus l’ensemble des efforts qu’ils réalisent et les progrès en termes d’environnement et de santé auxquels leurs actions conduisent.
    Ils souhaitent également que chacun des acteurs de la chaine alimentaire prenne ses responsabilités.
    Ils proposent en conséquence que l’indicateur NODU, utilisé pour les communications des Pouvoirs Publics sur Ecophyto, soit remplacé par un panier d’indicateurs, tel que décidé en avril 2016, fondé sur :
     La comptabilisation des bonnes pratiques et des solutions innovantes (suivi du nombre de fiches CEPP validé par les Pouvoirs Publics),
     La comptabilisation de la diffusion de ces solutions (suivi du nombre de CEPP déclarés annuellement par les distributeurs et les éligibles),
     L’adoption des bonnes pratiques par les agriculteurs (sondage annuel sur un échantillon représentatif d’agriculteurs, en s’appuyant sur une partie du diagnostic agroécologique)
     La quantification de l’évolution de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.
    En outre, les communications des Pouvoirs Publics pourraient également mettre en avant la baisse de l’utilisation des produits CMR et l’amélioration de l’indice des produits phytosanitaires dans l’eau ou dans l’alimentation.